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Mick Bimthlay
Le Grand Sorcier Blanc des Africains

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AFRIQUE DU SUD


LES GUERISSEURS


l’hebdo courrier international.

Par Gillian Warren-Brown.

Le retour en grâce des guérisseurs

AFRIQUE DU SUD Le retour en grâce des guérisseurs
Conséquence de la mobilisation contre le sida, les médecines traditionnelles sont en cours de réhabilitation. La nation arc-en-ciel se réapproprie des pratiques que le pouvoir blanc lui avait appris à mépriser.

"Leadership", Le Cap :

Quand elle siégeait encore au Parlement comme députée de l’ANC [Congrès national africain, parti de Nelson Mandela et du président Thabo Mbeki], Tembeka Gamndana scandalisait ses collègues en portant des vessies de chèvres séchées sur la tête. Chaque fois qu’elle prenait la parole, elle devait essuyer des quolibets du genre : Tu portes encore une capote sur la tête. C’était pas la semaine dernière, le Sidathon ? Si Mme Gamndana utilise cet étrange couvre-chef, ce n’est pas par excentricité, c’est parce qu’elle a entrepris un rite d’initiation en médecine traditionnelle, l’uthwasa, et qu’elle a été acceptée comme novice. Son rituel quotidien consiste à se lever à l’aube pour brûler une poignée d’herbes connues sous le nom d’impepho : elle doit en inhaler la fumée en invoquant ses ancêtres. Ce sont eux, d’ailleurs, qui l’ont convaincue de délaisser le Parlement au profit des campagnes déshéritées du Mpumalanga [province du nord-est de l’Afrique du Sud]. Mme Gamndana travaille à présent pour le département de la santé de cette province : son rôle est d’assurer la liaison entre le département et les guérisseurs traditionnels.

Autre exemple, celui de Nomayeza Mayiji, une femme de ménage qui vit dans une cabane de la township de Khayelitsha, près du Cap. Elle a récemment accompli sa cérémonie d’initiation sur les rives du fleuve. Dans la tradition xhosa [l’une des principales ethnies d’Afrique du Sud, celle de Nelson Mandela et du président Thabo Mbeki]. Mme Mayiji a également fait brûler de l’impepho à cette occasion. Au bout de trois jours, elle s’est agenouillée devant le feu, elle a réduit en poussière les os calcinés de la chèvre qu’elle avait sacrifiée, puis elle a inhalé la fumée pour communiquer avec le monde des esprits.

En Afrique du Sud, deux systèmes parallèles coexistent : d’un côté les praticiens du secteur public et privé, qui exercent une médecine moderne et occidentale ; de l’autre les guérisseurs, qui assurent un tiers des soins. Les autorités sanitaires cherchent avant tout à fournir des soins de base à l’ensemble de la population, mais, malgré la construction de cliniques et le développement des soins gratuits pour certaines catégories de la population, le système de santé est loin d’être adapté à la demande. Sans la contribution des guérisseurs traditionnels, assure Myles Mander, de l’Institut des ressources naturelles, la situation serait bien plus catastrophique. Selon lui et d’autres chercheurs, le secteur des soins traditionnels nécessite d’être soutenu, car il remplace souvent le système de soins moderne et ne peut subvenir à tous les besoins.

En l’absence de recensement officiel, il est impossible de savoir combien de guérisseurs exercent leur art dans le pays. L’évaluation oscille entre 200 000 et 300 000 selon les sources. Alors qu’il n’y a que 30 000 médecins. D’après un rapport du "South African Medical Journal", 80 % des patients font confiance aux guérisseurs, qu’ils consultent soit exclusivement, soit parallèlement au système officiel de santé. Les malades n’hésitent pas à se rendre à la fois dans une clinique puis chez un guérisseur afin d’avoir un double diagnostic. Mais les guérisseurs ne peuvent pas délivrer d’arrêt de travail et les malades ne peuvent prétendre à un remboursement des soins. Une entreprise de Stellenbosch [ville située à l’est du Cap, province du Cap-Ouest] a mis au point un programme pour pallier ce manque. Mais, tant que les guérisseurs ne seront pas répertoriés, ces programmes ne pourront fonctionner. Ainsi, des expériences de ce genre ont déjà été ajournées alors que l’industrie des soins médicaux et les professionnels de la santé attendent que le gouvernement prenne des mesures.

Il y a trois ans, la commission parlementaire sur la santé a commencé à s’intéresser à la question en se penchant sur la reconnaissance et le statut des guérisseurs traditionnels. Placée sous la direction du Dr Abe Nkomo, la commission n’a été avare ni de son temps ni de son argent. Elle a notamment effectué des voyages d’études en Inde et au Zimbabwe. Elle a examiné les différents arguments et fait une série de recommandations. Le ministère a été submergé de demandes concernant la mise en place d’un organisme destiné à recenser et former les guérisseurs mais qui aborderait également les problèmes éthiques et financiers, y compris celui du remboursement des soins, explique le Dr Nkomo. Les problèmes ne manquent pas : nous avons besoin d’un organisme disposant d’un pouvoir législatif pour prendre ces décisions. Si la situation semblait au départ difficile à dénouer - notamment parce que les quelque 300 associations de guérisseurs ne parvenaient pas à se concerter -, de grands pas ont été faits l’année dernière. Le Pr Rachel Vuyiswa Gumbi, directrice des ressources humaines au ministère de la Santé, explique qu’après avoir consulté les parties concernées la commission budgétaire a recommandé la formation d’un conseil national intérimaire de praticiens traditionnels qui serait mis en place pour trois ans et dont le but serait de faire des propositions concernant la composition d’un conseil permanent. Cette instance serait en outre chargée de définir précisément les différentes catégories de guérisseurs : les devins, les herboristes, les sages-femmes et les chirurgiens traditionnels (ces derniers pratiquant les circoncisions lors de l’initiation des jeunes hommes). Le conseil devra également définir des critères de formation et un code d’éthique, afin de lutter contre le charlatanisme et de protéger les patients.

En attendant la formation du conseil, un forum temporaire a été créé. Il comprend des experts, des décideurs et des chercheurs du département santé, et pour chaque province des représentants des guérisseurs. Le forum est chargé de créer des passerelles entre le ministère de la Santé et les médecins traditionnels, qui, dans l’idéal, devraient être représentés par des comités de province. Si tout se déroule comme prévu, le projet de loi sera discuté au Parlement avant la fin de l’année, espère le Pr Gumbi. Le conseil intérimaire pourra alors entrer en fonction. Et les praticiens traditionnels pourront être enregistrés selon les critères établis par le conseil. Mais nous n’envisageons pas d’intégrer ces éléments au secteur public.

Si le ministère de la Santé et l’ensemble des guérisseurs attendent avec impatience l’aboutissement du projet, un nombre important de facteurs concrets compliquent et retardent sa mise en place. Mme Gamndana rappelle que les guérisseurs ont toujours été affiliés à leurs propres associations et y restent attachés. Ce qui rend la concertation difficile. Rencontrer les guérisseurs qui exercent chez eux n’est pas toujours chose aisée. Organiser une réunion afin de partager des informations avec les guérisseurs peut prendre jusqu’à trois semaines. Ils sont disséminés dans la province, de plus les infrastructures de communication font souvent défaut.

Albert Khandekana, le directeur de l’association Buzani Kubawo Inyangas, a pour sa part soumis au ministère de la Santé un projet à long terme : l’ouverture d’un centre de médecine traditionnelle à Khayelitsha, dans la province du Cap-Ouest. Les guérisseurs pourraient y bénéficier d’une formation mixte : ils apprendraient à la fois les méthodes traditionnelles et les bases de la médecine moderne. Albert Khandekana envisage ensuite de lancer depuis ce centre des campagnes de santé publique. Au programme : la prévention contre le sida et les autres maladies sexuellement transmissibles, la lutte contre la tuberculose et la promotion de méthodes de circoncision plus sûres. La présence de guérisseurs qualifiés dans ce centre rendraient les soins accessibles à tous dans les townships. Il imagine par ailleurs de constituer un centre de documentation sur les savoirs et les pratiques des anciens, ainsi que sur les pharmacopées traditionnelles. Car il convient de les rendre accessibles à la communauté médicale, aux chercheurs, aux étudiants, aux responsables politiques et à l’ensemble du public. Il compte enfin faire de ce centre une destination touristique où les touristes, étrangers ou non, pourront s’informer sur les guérisseurs traditionnels et sur leur rôle social et culturel. En tant que coordinateur de l’Association des guérisseurs du Cap-Ouest contre le sida, Albert Khandekana coopère déjà de manière informelle avec le ministère de la Santé. Il intervient auprès de groupes de tous âges pour faire de la prévention. A chaque réunion entre guérisseurs, il ne manque pas de les informer sur le sida et sur le traitement des patients contaminés. Comme d’autres guérisseurs, M. Khandekana est prêt à coopérer avec les médecins mais ces derniers ne sont guère enthousiastes : s’ils rechignent à orienter leurs patients vers les guérisseurs, expliquent-ils, c’est parce que leur formation manque de rigueur, que la profession n’est pas suffisamment encadrée et que leurs remèdes n’ont pas fait l’objet de tests scientifiques. Le drame du sida pourrait cependant amener les deux communautés médicales à travailler de concert, affirme Isaac Mayeng, un guérisseur qui est aussi pharmacien. Même si pour l’instant nombre de médecins refusent de l’admettre, explique-t-il, la médecine moderne a besoin des guérisseurs. Car, sans eux, la profession médicale va perdre la bataille contre le sida. Ils ont davantage besoin de nous que nous d’eux.

Parallèlement, M. Mayeng évoque un autre sujet sensible : l’échange d’informations entre guérisseurs et médecins occidentaux. Depuis quelques années, la renommée des remèdes traditionnels ne cesse en effet de croître dans le monde entier. C’est pourquoi la protection de la propriété intellectuelle est devenue un enjeu international. Le Conseil de la recherche médicale a créé un centre destiné à informer les guérisseurs sur leurs droits. Lorsqu’un guérisseur a décidé de révéler la composition d’un traitement, explique le Pr Nico Walters, le centre signe un accord avec lui avant les tests, afin de protéger ses droits.

Certains guérisseurs reconnus sont passés à l’étape supérieure en s’associant avec des scientifiques. C’est le cas de M. Khandekana : il travaille avec l’unité de recherche sud-africaine sur les médecines traditionnelles, un centre interuniversitaire abrité par le département de pharmacologie de l’université du Cap. L’unité, explique le chercheur Siyabulela Ntutela, maintient des liens étroits avec les guérisseurs, qui sont encouragés à visiter le laboratoire. Certains d’entre eux n’ont pas hésité à partager leurs remèdes pour des affections bénignes et le centre a publié un livre, Manuel des premiers soins à l’usage des guérisseurs sud-africains. Mais les guérisseurs ne sont pas les seuls à avoir besoin de protection. Une menace encore plus importante plane sur les plantes qu’ils utilisent.

Selon un rapport de l’Institut sud-africain des ressources naturelles, 19 500 tonnes de plantes médicinales, d’une valeur de 270 millions de rands [35,5 millions d’euros], sont commercialisées chaque année en Afrique du Sud. Plusieurs variétés de plantes ont déjà disparu de certaines régions. Comme nombre de ces végétaux se trouvent exclusivement dans les parcs nationaux, les départements de protection de la nature sont indirectement responsables de cette situation. Mais ils n’ont pas les moyens de surveiller la récolte des plantes médicinales ou de les protéger d’une surexploitation. La déforestation et les incendies de forêt contribuent également à la destruction des ressources en plantes médicinales.

La demande en remèdes traditionnels est énorme : elle concerne près de 20 millions de personnes en Afrique du Sud. Selon M. Mander, sans la pharmacopée traditionnelle, le gouvernement devrait débourser 10 milliards de rands supplémentaires [1,3 milliard d’euros] pour produire des médicaments. Ce seul fait, poursuit-il, devrait conduire le gouvernement à reconnaître et à soutenir la médecine traditionnelle. L’ethnobotaniste Neil Crouch, de l’Institut botanique national, abonde dans ce sens. Selon lui, le gouvernement a tort de rejeter sur les guérisseurs la responsabilité de la protection des plantes. Certains ont leur propre jardin, et quelques institutions, comme l’université du Zululand, possèdent leurs propres serres. Mais ce n’est pas suffisant, tonne le Dr Crouch. S’il n’y a plus de plantes, les guérisseurs ne pourront plus travailler. C’est comme si un hôpital moderne n’avait plus de médicaments. Nous ne pouvons pas nous le permettre. Ce n’est pas seulement une question d’écologie ou de culture, mais bien d’économie. Nous allons arriver à un stade où il va falloir créer des plantations d’herbes médicinales afin de renouveler les stocks.

Gillian Warren-Brown.

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SUPER SORCIER ET SUPERS PIGEONS.

CLOPPENBURG ALLEMAGNE

Un gentil boucher de 45 ans, un gentil restaurateur de 54 ans, un très bon magicien nigérian et son super assistant se sont retrouvés devant les tribunaux pour les départager de leur dilemme.

Voici les faits :

Ce grand marabout-magicien proposa à nos deux gentils pigeonneaux de leur faire fructifier leurs économies à l'aide d'une puissante magie breveté "L'eusses-tu cru aux sous frais".
Démonstration faite d'un peu de poudre de perlimpinpin, d'eau, de savon, de produits chimiques et de deux ou trois vrais billets maquillés, éblouis et émerveillés, nos deux sublimes commerçants sautèrent sur l'occasion de faire fortune une fois pour toutes !
L'un vida son compte et fit un emprunt à sa banque et l'autre emprunta à ses amis tout ce qu'il put, après avoir soldé toutes ses épargnes, et le tout fut remis, en grand secret, pour ne pas faire louper la magie, à notre marabout-de-ficelle ! En échange, le super assistant remis avec grand et majestueux "tralala", la potion magique dans laquelle nos deux gentils naïfs devaient faire tremper autant de bouts de papier vierge qu'ils voudraient de bons billets tous neufs.
Formules magiques et autres incantations tout en plongeant leurs bouts de papier dans la sauce à pigeons, on s'en doute, ne donnèrent aucun résultat bénéfique.
Au bout de plusieurs heures de labeur, nos deux "prospecteurs" se rendirent à l'évidence de leur crédulité ; la formule magique n'avait fonctionné que du coté marabout !
Plainte déposée, le nigérian fut arrêté au moment où il allait disparaître (sans magie); l'assistant ne fut pas retrouvé.
Le tribunal offrit en récompense de son savoir faire, deux ans et 10 mois de prison, au magicien ; pension comprise.

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16/05/2011